Que la lumière soit

6 drawings

2B or not 2B? That is the question. "There are more things in heaven and earth, Horatio, than are dreamt of in your philosophy." (Hamlet, I, 5, 165-166) Shakespeare You have to climb eight flights of stairs to get to Davor Vrankić’s studio. That's no small undertaking. Yet, once you make it over a tiny threshold and through a cluttered corridor, what a reward awaits you! Art work both incomparable and unique unfolds before your eyes, that of a genius draftsman who relies only on his hand and a pencil to bring into the world the visual universe of his mind. Davor does not use photographs or visual artifacts, no sketches, maps or designs. The starting point is always the same: a white sheet of paper of various dimensions and a 2B 0,9 pencil. Oh, and I almost forgot: no eraser. These are the rules. Everything else is unrestricted and essentially undetermined. A drawing is finished when the space on the sheet becomes saturated. Indeed, saturation is probably the best word, although it can barely begin to describe the startling impression one gets in front of these drawings. Something bewildering and close to madness is lurking in there. Has there ever been such an entanglement of forms, fabrics, characters, places, space and time, shade and light? Not sure. Bosch, Brueghel, Altdorfer, Dürer or closer to us Erro, Sarah Sze, Jim Shaw or Tom Friedman, all of them masters of inundating space, weaving their nets where our gaze sets before it gets sucked in and lost without ever finding a way out. And indeed there is none, no exit or escape, only folds and hems, crevices, gullets and lanes, but always within that world crowded to excess. But something else is there, too: not everything looks sharp. There is sometimes a blurry area. As if the zooming in that Davor is so keen on – he who excels at meticulously representing fabrics and materials – goes along with the capacity to blur vision. Are we watching some other surface – very far or very close – through a lens of a peephole, a microscope, a telescope? Is it a miniature world hiding inside a molecule or on a distant planet at the other end of the universe? Or could it be an image seen through a looking-glass, showing a latent reality visible only through one's reflexion in the mirror? After all, does it even matter? It is as mad, as huge and as mysterious as heaven and earth together. 2B or not 2B? That is the question. And 2B is the answer. David Rosenberg

 2B or not 2B? That is the question. « Il y a plus de choses dans le ciel et sur la terre, Horatio, que n'en rêve votre philosophie ». (Hamlet, I, 5, 165-166) ShakespeareIl faut monter huit étages à pied pour accéder à l'atelier de Davor Vrankić. Ce n'est pas rien. Mais, une fois passé la petite porte et le vestibule encombré, quelle récompense! On découvre une œuvre incomparable, unique en son genre; celle d'un dessinateur génial qui ne compte et ne s'appuie concrètement sur rien d'autre que sa main et son crayon pour matérialiser un univers visuel sorti tout droit de son cerveau. Davor n'emploie pas de photographies ni de documents visuels, pas de croquis, pas de plan, pas d'esquisse. Le point de départ est toujours le même: une feuille blanche de format variable, un crayon de papier 0,9 2B. J'allais oublier: pas de gomme. Voilà pour ce qui est des règles du jeu. Le reste est libre et fondamentalement indéterminé. Le dessin s'arrête de lui-même une fois l'espace arrivé à saturation. Saturation est probablement le mot juste, mais il ne rend que faiblement compte de l'impression saisissante éprouvée face à ces œuvres. Il y a quelque chose de démentiel et d'ahurissant. A-t-on jamais vu un pareil enchevêtrement de formes, de matières, de personnages, de lieux, d'espace, de temps, d'ombre et de lumière? Pas sûr. Bosch, Brueghel, Altdorfer, Durer ou plus prêt de nous Erro, Sarah Sze, Jim Shaw ou Tom Friedman, chacune et chacun étant passé maître dans l'art d'occuper l'espace, de tisser sa toile où notre regard vient se poser pour rapidement se perdre sans jamais trouver l'issue. Et de fait, il n'y a ni issue ni échappatoire, seulement des plis et replis, des anfractuosités, des goulets, des chemins mais toujours à l'intérieur du susdit monde encombré à outrance. Il y a une chose toutefois: tout n'est pas net. Il y a parfois une zone floue. Comme si la mise au point si chère à Davor, lui qui excelle à rendre de manière si méticuleuse les matières et les textures, allait de pair avec une capacité à troubler le regard. Est-on en train de regarder quelque part ailleurs, très loin ou très près, à travers une lentille, celle d'un judas, d'un microscope ou d'un télescope? Est-ce un monde miniature qui se cache au niveau sub-atomique ou bien à l'autre bout de l'univers lointain sur une lointaine planète? Ou encore s'agit-il d'un miroir reflétant une réalité latente et seulement perceptible à travers son reflet? Au fond qu'importe. C'est aussi fou, aussi vaste et énigmatique que le ciel et la terre réunis.2B or not 2B? That is the question. And 2B is the answer.David Rosenberg